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L’amour inconditionnel… conditionnel

roses eau
Source: Pixabay

Je sais que je ne suis pas un cas isolé. Il se peut que toi aussi, tu n’aies jamais connu l’amour inconditionnel et que, plus jeune, tu aies envié tous ceux autour de toi qui recevaient tellement d’amour parental alors que peu importe la place où tu te retrouvais, tu y étais seul. C’est ce que j’ai vécu à l’adolescence. Je peux comprendre ta peine, ta douleur et même si tout finit par passer, le deuil de l’amour inconditionnel est horriblement difficile et long à faire. Je ne serai jamais une victime de mon passé. Je me relève toujours, peu importe la difficulté, c’est ce que j’ai appris à faire pour survivre entre des années de mal-être et de dépression, mais je sais que malgré tout, ça manquera toujours à ma vie et que ça aura créé des carences chez moi pour lesquelles je me bats encore aujourd’hui. Des démons que j’aimerais ne plus avoir à cacher au fil du temps. Mais ça va, je suis forte et tu l’es toi aussi, j’en suis convaincue. Ne t’abandonne pas.

Déjà la moitié d’une vie, mais je me souviens encore très bien de cet été de 2006. Je me revois sous le viaduc de la rue De Lorimier. Les larmes coulaient à flots. Plus rien n’existait autour de moi. Je me souviens de la texture des murs que je frappais, des cris de douleurs que je lançais. La rage au cœur, la tête à l’envers, je n’étais encore qu’une grande enfant. Je faisais face à la décision la plus déchirante qui soit et ce n’est comparable à rien d’autre que j’aie pu vivre. C’est le jour où j’ai passé à une nouvelle étape de ma vie… On m’a demandé de devenir une adulte à l’âge de 14 ans, mais probablement aussi bien plus tôt, car j’ai dealé avec la dépression des années avant d’en connaître le ressenti. Ce n’était, à ce moment, pas la mienne, mais j’en subissais les lourdes conséquences, de tous les côtés, entre des paroles horriblement plus méchantes les unes que les autres et des cris de colère tellement ahurissants, à en faire vibrer tous les muscles de mon corps. Je n’ai pourtant jamais été une adolescente très difficile. Je dédiais ma vie à mon sport, question de fuir le reste de ma réalité. Je ne demandais pas grand-chose autre que d’être aimée inconditionnellement d’un amour sain, ce qui aujourd’hui me semble comme n’avoir jamais été possible. Ce que j’ai connu, c’est le manque et l’absence qui compétitionnaient avec la solitude et le mal de vivre.

J’avoue que parfois, je suis épuisée de traîner ce lourd bagage émotionnel hérité de l’adolescence, tous ces souvenirs où je me suis retrouvée seule, abandonnée dans un monde froid, sans personne, sans points de repère, sans boussole pour me guider à travers les torrents de la vie. Bien que j’aie appris à vivre avec ce manque, par moments j’ai encore mal de ce vide qui est toujours présent au travers des années. Ai-je été aimée qu’un seul minime instant sans aucune condition ?

Ça fait encore tellement mal, parfois, les souvenirs de tout ce qu’on m’a fait traverser, mais je travaille fort depuis tant d’années pour pardonner et surtout, pour accepter. Accepter que les choses soient telles qu’elles sont pour une bonne raison.

Une chose reste certaine : ma vie a de l’importance malgré l’absence d’amour inconditionnel. Et la tienne aussi.

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