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Ne jamais cesser de devenir une meilleure personne

pousse asphalte
Source: Unsplash

Cet été, sur le chemin des vacances : débat sur « Juger une personne qui a un nombre incalculable de fautes dans sa fiche de présentation Tinder, c’est classiste ou pas ? » Personnellement, je vote : pas. Quand je suis sur Tinder et que je lis des présentations pleines de fautes, je ne juge pas les fautes ; je juge que ton niveau de « je-m’en-crisse » est suffisamment élevé pour que tu essaies de séduire en ne prenant même pas la peine de demander à quelqu’un de ton entourage de corriger un peu ton texte (on connaît toujours quelqu’un qui est meilleur que nous et qui peut nous corriger au besoin). Pour moi, c’est un peu comme envoyer un CV plein de fautes à un éventuel employeur : ça m’en dit long sur ta préoccupation à bien faire les choses. Mais bref.

La conversation a dévié sur le fameux : « Chu de même, si t’es pas content.e, tu peux t’en aller ». On l’applique à toutes les sauces :

« Chu de même, j’ai un caractère de marde en revenant de la job, si t’es pas content.e, tu peux t’en aller. »

« Chu de même, je fais de l’humour noir, si t’es pas content.e, tu peux t’en aller. »

Parfois, on embarque même notre entourage là-dedans, comme dans : « On est de même, nous autres, qu’est-ce que tu veux, hein… »

Quand on brandit le « Chu de même », c’est souvent en réaction à une critique. Plutôt que de reconnaître la situation et proposer des solutions, on balaie du revers de la main tout espoir de trouver un compromis ou d’améliorer la situation et on rejette la responsabilité sur l’autre : « Chu de même, si t’es pas content.e, tu peux t’en aller », comme si on était un bloc monolithique, à prendre ou à laisser.

Chaque fois, je griche un peu des dents. À quel moment, déjà, on peut arrêter de se préoccuper d’évoluer parce qu’on est maintenant « terminé » en tant qu’être humain ? Parce que moi, j’ai pas encore reçu le mémo.

« Être de même », ce n’est pas une fatalité et ce n’est surtout pas une finalité. On ne peut pas juste s’en laver les mains et se dire « Check !, devenir un bon être humain, c’est réglé, je peux passer à autre chose ». Mais…

… évoluer, c’est difficile, surtout en vieillissant. On s’installe dans un espace confortable, avec nos habitudes et nos manies. On fréquente souvent les mêmes personnes, généralement des personnes qui se sont acclimatées à nous et qui nous forcent moins souvent à nous remettre en question. Même si c’est difficile de concevoir qu’on aura des angles à polir tout le reste de notre vie, personnellement, j’espère ne jamais considérer que je suis un être humain « fini ». Je veux toujours être capable d’écouter, de lire, d’apprendre. Je ne veux jamais cesser de devenir une meilleure personne, pour moi, pour les gens que j’aime… et pour les autres aussi.

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