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La tempête d’une vie

orage
Source: Pixabay

La dépression est une maladie insidieuse.

 

Elle nous frappe lorsqu’on s’y attend le moins.

 

Sans pitié, ça attaque de dos et ça te met KO.  

 

Lorsqu’on est cloué au sol, elle nous assomme bien comme il faut afin de s’assurer qu’il ne reste pas d’énergie en trop et qu’on ne se relèvera pas de sitôt.

 

Mais il faut se battre, plus fort, encore et encore, même quand ça fait mal de devoir le faire. Même lorsque les épines qui se fraient un chemin à travers la pire de nos douleurs semblent n’avoir aucune difficulté à le faire. On ne résiste plus à rien.

 

Le chemin est long et ardu entre l’acceptation de la dépression et sa guérison.

 

Mais il n’y a pas le moindre doute, la dépression est une bête qui nous appartient, reflet de notre âme, nous confrontant à nos pires démons auxquels il nous faut nous opposer sans relâche pour souhaiter avoir le dessus sur le champ de bataille. Et c’est épuisant. Tellement épuisant…

 

On a envie de fermer les yeux et de s’endormir tant toute cette souffrance peut nous ravager, le souffle coupé, on se sent pris aux tripes jusqu’à ne plus rien ressentir tellement le mal de vivre est intense et c’est parfois alors même bien pire ; on souhaite fermer les yeux pour ne jamais les rouvrir. Entre ciel et terre, à travers la plus grande des détresses, la dépression nous demande la force mentale phénoménale d’oublier toutes les raisons que l’on a de s’abandonner dans l’oubli pour s’accrocher à la seule qu’on a de rester : LA VIE.

 

Car quand on croise la route de la dépression, c’est un gouffre sans fin qui nous attend; on tombera encore plus bas que les bas-fonds. À l’agonie, suite à cette brutale chute au plus profond de notre abîme, on se relève un peu étourdit. Le corps entier tellement endolori que le cœur meurtri de souffrance nous semble anesthésié sous le poids de ce chagrin qu’il n’a plus la force de porter.

 

C’est à ce moment que l’humain commence à perdre son combat face à ses tourments qui lui font revivre à chaque instant le pire de ses supplices.

 

Il se retrouve sur un sol boîteux et sous un ciel bleu absent, tellement creux sous terre qu’il peine à ressentir les vibrations des orages qui tonnent bien plus haut, loin de l’Éden, quelque part entre le paradis et l’enfer, ainsi que des éclairs qui éclatent sur la terre ferme qui lui paraît si lointaine, alors qu’il n’est même pas à mi-chemin du beau temps, qui encore au bout du monde, l’attend.

 

Une fois debout, lorsqu’on a la force de continuer à se battre, malgré un déséquilibre total et nos pieds qui s’enfoncent dans la boue — car il nous reste de l’adrénaline de survie qui cherche désespérément à s’offrir une chance de remonter —, c’est des parois complètement lisses que nous touchons du bout de nos doigts épuisés ; aucune prise pour nous aider à remonter.

 

Rarement, on trouvera un outil à nos pieds pour nous donner un coup de main pour escalader le mur, qui nous permettra d’être seul du début à la fin, pour sortir de cette cavité en direction de nos nouvelles émotions. Le coup de main ultime viendra bien souvent de quelqu’un d’autre qui se trouve en haut. Un ami, un parent, une ressource, mais pour ça, il faudra avoir le courage de crier pour demander de l’aide. Parfois, ce ne sera pas grand-chose qui nous sera nécessaire, mais ce sera juste assez pour nous donner le courage de commencer notre ascension ou parfois, sinon, pour la continuer, car trop fatigué de ce marathon en dénivelé, on a envie d’arrêter de grimper.

 

Le premier pas vers la guérison se produit à l’intérieur de soi. Il faut sincèrement le vouloir.

 

La souffrance de la dépression n’est pas éternelle et c’est à cet espoir qu’il faut continuellement s’accrocher. 

 

Une fois sorti de notre abîme, il faudra continuer de naviguer au travers des torrents de la vie, mais un jour, au bout du monde ou déjà depuis longtemps bien plus près de soi, on le trouvera, le beau temps qui nous attend.

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