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Addiction

Je m’avance, je le vois qui s’installe face à moi. J’aime sa ponctualité. Il monte dans mon estime. Pour moi, c’est un manque de respect de faire attendre autrui, surtout dans les tous débuts d’une relation. Ça et se moucher dans l’herbe.

On s’est rencontrés sur une terrasse du Plateau Mont-Royal par une journée ensoleillée. J’étais accompagnée par mon amie de fille, et il m’a tapé dans l’œil. Il était derrière le comptoir de l’accueil du Bistro, et nos regards se sont croisés. Juste assez pour que nous en soyons à notre troisième rendez-vous maintenant.

Pour le moment, notre relation bat des ailes. Le côté gaffeur de ce garçon me fait rire. On se ressemble beaucoup sur ce point. Ses pertes d’équilibre sont hilarantes. Comment ne pas en rire. Il a déjà laissé sa marque sur ma banquette de voiture comme un autographe. Il y a eu d’ailleurs cette fameuse fois où il a essayé de cacher le dégât croûté du livre de bibliothèque tout trempé qui m’a fait bien rire.

J’ai beau essayer de lui en vouloir, mais il trouve toujours le moyen de me faire sourire. Espèce de manipulateur.

Aujourd’hui, installés sur une couverture, pique-nique en main, on profite aisément de l’après-midi au bord du fleuve Saint-Laurent. Ma dopamine est à sa pleine charge, prête à bondir hors de moi (lapsus). Je le regarde en douce. Je le trouve beau. J’aime son teint bronzé de Brésilien et l’odeur de son parfum qui puise des notes orientales. Toute cette attention pour moi. C’est assez flatteur. Je n’ai pas l’habitude de me faire courtiser et je commence à y prendre goût.

Dans la trentaine, l’apparition de ridules, de poches sous les yeux, de gras « flaquottant » lorsqu’on dit au revoir rendent l’aventure du dating plus ardue. Je sais, l’acceptation de soi, blabla… Mais reste que…

J’aurais dû mettre ma jolie robe rouge, ça aurait camouflé mon petit bedon mou. J’ai donc opté pour la technique d’aspiration infinie en faisant le vœu de faire éclater internement mes cellules adipeuses et ainsi vivre une vie libre. Je vous le dis, c’est difficile de parler en même temps que de faire cet exercice. Choisissez votre moment. Celui où prône la devise du sois belle et tais-toi. (Le moment pré-presque-bisou en est un bon dans ce cas-ci).

On se regarde, ça sent vraiment le rapprochement. Ça me gêne, et j’ai les mains moites.  Un échange de salive plus tard, je suis sur un nuage.

C’est fou comment  cet instant provoque des sensations vertigineuses. J’ai l’impression d’imploser. J’adore cette phase. Désirer au plus haut point une action et ne pas savoir si ça va se produire.

Je me dis que pour une fois, je veux prendre mon temps. Déguster à fond et

profiter de nos regards complices. Notre union est délectable. On en fait des jaloux, juste à voir le regard des gens posés sur nous.

Je m’en fous. Je suis dans ma bulle de bonheur. One life.

Cré café percolateur qui attise mon cœur.

Crédits photo: Didier Boulad

 

 

 

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