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La simplicité n’est pas si simple


Source ; Unsplash

Les derniers mois ont été intenses pour tout le monde. Je ne pense pas être la seule qui a tout remis en question. Pour ma part, je n’ai pas bénéficié du télétravail, étant employée dans un service essentiel. J’ai beaucoup envié toutes les personnes qui ont eu droit à cette pause forcée, alors que je continuais à sortir chaque jour pour gagner ma vie et pour travailler plus fort pour que les autres continuent de rester chez eux. J’aurai aimé, moi aussi, m’ennuyer, trouver le temps long, faire mon propre pain, terminer plusieurs livres, faire des challenge de yoga ou d’abdos-fessiers. 

Cette période d’angoisse et de stress m’a donné envie de tout lâcher, de quitter la vie en ville qui me satisfait tant, de me libérer de mes biens matériels pour me sentir plus légère. Je me suis sentie prise au piège dans ma propre vie, dans mes propres affaires, dans mon propre confort. Mais comment faire quand la surconsommation et le goût du béton sont à la fois une cage et un réconfort? 

Après des mois de tumulte, j’ai pu enfin profiter d’une pause d’une semaine dans la nature, dans le silence. J’ai pu me réjouir de choses simples comme ramasser des champignons, sentir l’odeur du feu de bois sur mes vêtements, lire des heures entières à côté de mon amoureux, cuisiner ou boire un verre de vin à n’importe quelle heure. J’ai pu me rendre compte que ces choses-là me rendaient bien plus heureuse que magasiner un énième jean en ligne ou regarder mon fil d’actualité Instagram. Au retour, le bruit de la ville était encore plus assourdissant qu’avant et mon petit appartement avait de la misère à contenir mon besoin d’espace.

J’aspire à vivre plus simplement. Dur pour moi qui suis une vraie citadine avec une garde-robe qui déborde, qui trouve ça normal de dépenser 6$ dans un café latte, qui s’endort au son de la route et qui aime avoir tout à proximité et sans effort. 

La quête de la simplicité vient nous sevrer de tout ce qui est synonyme de réussite dans la société. Tu as réussi ta vie quand tu possèdes une voiture, une propriété, un beau sac en cuir, une montre élégante. On dirait que chaque bien matériel ralenti ton mouvement vers la liberté et la simplicité.

Simplifier sa vie, c’est long et difficile. Ça nous oblige à déconstruire notre besoin de consommer. Car on nous apprend tôt que consommer, c’est être. 

Simplifier sa vie, c’est aussi comprendre ce besoin de nous étourdir de bruit, pour ne pas trop nous entendre penser. Le bruit de la ville, des notifications sur ton cellulaire, le bruit de fond de la télévision, la radio toujours sur ON dans l’auto. Arrives-tu à mettre tout ça en mode Silence pour quelques heures? Moi j’essaie encore!

Il y a un grand fossé entre passer de surconsommatrice à minimaliste, mais j’essaie énormément au quotidien de faire des bons choix et de contrer mes mauvaises habitudes. Chaque effort dans cette voie est une petite victoire. Je ne vais pas révéler un grand secret en disant que la clef est de se concentrer sur les choses les plus simples et les plus naturelles. Je l’ai enfin compris. Ça prenait ce déclic.

La route est longue pour approcher cette liberté, mais réaliser qu’on veut atteindre cette simplicité-là dans notre vie est le plus gros pas je crois.

Ça prend de grands efforts pour faire de nous-même notre chez nous, afin de trouver le réconfort à l’intérieur et non dans les objets et les possessions.

La simplicité ce n’est pas si simple, mais seuls les grands changements donnent accès à de grandes libertés.

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