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L’espoir à travers l’incertitude

femme assise muret
Source: Unsplash

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c’est particulièrement difficile cet automne avec le froid qui s’installe et le deuxième confinement qui s’étire. Il faut dire que chaque année, c’est un petit peu difficile quand même de devoir négocier avec le gris des arbres dépouillés de leurs feuilles, le froid que l’on avait oublié durant l’été et qui nous prend dans les os et, bien sûr, l’absence de neige qui permet généralement de rendre le tout plus supportable. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de dépression saisonnière. Mais cette année, on a un petit (gros) défi supplémentaire : être loin de nos proches et de nos activités sociales habituelles. Il me semble que ce serait plus facile si on avait une idée du moment où on retrouvera un semblant de normalité. Bien non. Le plus dur, à mon avis, c’est ça : l’incertitude, l’impossibilité de se projeter, l’attente.

Cette recherche de certitude, c’est le lot de bien des personnes anxieuses (et moins anxieuses aussi, j’imagine). Quoi de plus réconfortant que de pouvoir s’accrocher à une idée sans avoir l’arrière-pensée désagréable qu’il y a une possibilité que tout s’écroule sans crier gare ? Non ? Vous ne savez pas de quoi je parle? C’est probablement parce qu’il y a très peu de certitudes dans notre monde. On naît, on meurt et ce qui se passe entre les deux, c’est à voir et à revoir.

En amour, c’est connu, on ne se tient pas pour acquis. Au travail et à l’école aussi, ce n’est pas le temps de s’assoir sur nos lauriers. Les expressions ne manquent pas dans notre vocabulaire pour nous rappeler que rien n’est certain et que tout demande un effort constant. Et même en donnant le meilleur de soi, il y a rarement une garantie de réussite.

Quand j’étais petite, il m’arrivait de ressentir une boule au ventre sans trop de raison. Même en essayant de toutes mes forces de trouver ce qui pouvait autant m’inquiéter, je n’arrivais à rien. Alors, la boule se dissipait presque automatiquement et je passais à autre chose. En vieillissant, j’ai dû changer de technique. Parce que dans la vie d’adulte, il est rare de pouvoir dire que l’on a toutes les sphères de sa vie sous contrôle. Il y a toujours ce petit sujet de tracas qui revient nous hanter sans trop le vouloir une nuit où le sommeil ne vient pas. Cette petite incertitude. Ces petits scénarios que l’on se fait. Parce qu’on ne sait pas. On ne sait jamais.

Et pourtant, aussi fou que cela puisse paraître, on garde espoir. On continue d’avancer. On se fait des projets. On prend le risque d’aimer. C’est donc dire que l’être humain est déjà habitué à cette incertitude. On est habitués à repérer ces zones de contrôle dans notre vie. Car oui, nous avons du pouvoir. Nous avons le pouvoir de travailler fort, de faire attention, de mettre les efforts nécessaires.

Puis, après tout, de l’incertitude, il nous en faut quand même un petit peu. Quoi de pire que d’entendre les spoilers d’un film que l’on n’a pas encore vu ? C’est assez pour dissuader certains d’investir leur temps dans le visionnement dudit film. Pour les mêmes raisons, ce n’est pas vraiment un compliment que de qualifier la fin d’un film de prévisible. On veut se faire surprendre. Et c’est un peu pareil avec la vie. Même les plus casaniers et les plus routiniers d’entre nous ont besoin, de temps à autre, de se faire rappeler que la vie peut encore les surprendre. Là où il y a de l’incertitude, il y a certainement aussi de l’espoir.

Cela étant dit, il y a des jours où je cherche désespérément à m’accrocher à ces petites certitudes que la vie nous offre avec parcimonie. Il y a des jours où je ne vois plus le bout. Il y a des jours où je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir du pouvoir sur grand-chose. C’est vrai. Il faut se l’accorder que c’est réellement dur par moment. Et c’est normal de vouloir être certain de quelque chose dans un monde où rien ne l’est. Malgré tout, on ne s’en rend pas forcément compte, mais on est souvent plus fort qu’on le pense. Même pour les plus choyés par la vie d’entre nous, l’incertitude est présente. Et on finit par se rendre compte que même dans les situations les plus incontrôlables, on a toujours un peu de pouvoir. Même si cette année, ça se traduit simplement, pour plusieurs d’entre nous, par l’installation de ses lumières de Noël un peu plus tôt.

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