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Je te pardonne


Crédit photo : Frédérique Chavanel-Deschênes

Je me souviens de chacun de tes mots, de chacune de tes promesses. Je me souviens de ton souffle dans mon cou, de tes lèvres sur les miennes. Je me souviens de tes mains caressant ma peau et de tes bras qui me serrent contre ton corps.

Ton corps… si doux et chaleureux. Ô combien réconfortant ! Comment l’oublier? Je me souviens de ta peau collée à la mienne, des frissons traversant mon corps tel un éclair qui illumine le ciel en plein orage. Je me souviens de chacune de nos soirées plus attractives les unes que les autres. Je me souviens de chaque nouvelle envie, de chaque nouvelle folie. Je me souviens que je ne veux plus m’en souvenir, car je ne vois aujourd’hui que des mensonges.

Mon amour pour toi m’a ensorcelée. Je n’ai pas pu me protéger.

Je me souviens t’avoir vu t’éloigner, te refermer.

Lors de nos balades en voiture, ma cuisse ne te servait plus de tambour. Lors de nos soirées cinéma, je pouvais m’asseoir loin de toi et tu n’en faisais plus de cas. Lorsque tu rentrais et sortais de la voiture, tu ne m’embrassais pas si je ne le demandais pas. Faire la vaisselle en silence, plus de taquinerie ni de bagarre.

L’ensorcellement a commencé à se dissiper lorsque les mots doux ont été portés disparus et que les « je t’aime » sont devenus aussi rares qu’une aurore boréale en plein centre-ville.

Puis, ton sourire est devenu une denrée rare. Denrée que je cherchais à faire apparaître désespérément. Je ne me rappelle plus la dernière fois où tu m’as demandé comment c’était passé ma journée, comment j’allais. Lorsque c’est moi qui te le demandais, je n’avais plus droit qu’à trois mots ou bien une courte phrase lors des jours de chance.

L’ensorcellement n’est devenu qu’un voile léger lorsque le soir venu, tu ne voulais que poser la tête sur l’oreiller, sans prononcer un mot et dormir. Lorsque j’avais peine à obtenir un « bonne nuit ». Lorsque ton entrain ne faisait plus partie de toi, lorsque tu ne souriais qu’avec les autres. Lorsque j’essayais de prendre soin de toi, de te donner le meilleur de moi-même et que tu ne faisais que me rejeter.

L’ensorcellement s’est totalement éclipsé, lorsqu’après avoir fait l’amour, tu ne voulais que te rhabiller et retourner à tes activités…plus de caresses ni de câlins… A-t-elle eu le droit à cette même indifférence lors de cette fameuse soirée? Il était où ton amour à toi envers moi?

Tu m’as quittée, tu m’as brisée.

J’ai pardonné, j’ai accepté.

Tu m’as menti, tu m’as trahie.

Comment acquitter cette faute?

Le cœur brisé, la tête qui sursaute…

Je tente tant bien que mal de puiser la force nécessaire, mais comment passer sous silence cette trahison? Comment t’excuser ce manque de considération, ce manque de respect?

Je tente tant bien que mal de comprendre ce que j’ai fait pour mériter un tel acte, mais je ne trouve rien. Comment expliquer l’immense culpabilité qui m’a envahie alors? Je tente tant bien que mal de continuer de croire en l’honnêteté des gens, mais comment y parvenir lorsqu’une telle bassesse a été commise par ces deux personnes en qui j’avais tant confiance. Comment avez-vous pu me regarder droit dans les yeux et mentir?


Crédit photo : Frédérique Chavanel-Deschênes

Pourquoi?

Pourquoi ne pas être sortie de mes gonds? Pourquoi être restée si calme avec tant de gentillesse? Pourquoi avoir ce désir si profond d’amitié?

Parce que je me dois de me respecter. Parce que je me dois de me conduire selon mes valeurs. Parce que je mérite d’être positive et de tourner la page. Parce qu’en surface, on croirait que je le fais pour toi, mais en réalité je le fais pour moi.

Trouver la force de te pardonner, c’est me permettre de me pardonner à moi-même.
Trouver la force de te pardonner, c’est avoir le courage d’affronter la réalité.
Trouver la force de te pardonner, c’est me donner le droit de vivre pleinement mes émotions.
Trouver la force de te pardonner, c’est faire un pas de plus vers un nouveau chapitre.

Maintenant, je me souviens de tes belles paroles. Maintenant, je me souviens de tes actions déficientes. Maintenant, je me souviens de qui je suis, de ce que je mérite. Maintenant, je me souviens que j’ai cette force en moi.

Maintenant, je te pardonne.

Par Frédérique Chavanel-Deschênes

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