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L’intimidation au travail: il faut qu’on en parle

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On parle souvent de l’intimidation sur les réseaux sociaux ou à l’école, mais on en trouve dans bien d’autres milieux, notamment au travail. Que tu viennes d’arriver dans un nouvel environnement de travail ou que tu y sois depuis des années, sache que tu n’es pas à l’abri. Je n’ai pas de solution miracle à te proposer ici, mais j’ai plutôt envie de t’amener à être à l’écoute dans ton lieu de travail, pour toi ou pour tes collègues, car l’intimidation peut parfois s’établir de manière insidieuse ou être présente sans qu’on s’en rende compte.

J’ai souvenir d’un ancien employeur qui demandait sans cesse à certains collègues (toujours les mêmes) ce qu’ils faisaient, quelles tâches ils avaient accomplies, etc. C’était subtil, mais à chaque fois il y avait une petite pointe de mépris, d’exaspération, alors que l’employé se fendait en quatre pour satisfaire le patron. D’autres collègues prenaient parfois la défense de l’employé, car il se laissait complètement écraser. Avec du recul, je me rends compte que ce patron sélectionnait des personnes susceptibles de se laisser intimider, alors que celles-ci travaillaient aussi bien que les autres. Je m’en veux de ne pas avoir réalisé à ce moment-là que ce n’était pas normal pour un patron d’agir ainsi. Probablement que j’avais peur de tomber dans sa ligne de mire et de figer moi aussi. Mais je pense que c’est important d’être attentif.ve pour soi, mais aussi pour les autres, car l’union fait la force et c’est en groupe qu’on peut résoudre ce genre de problèmes. Offrir son soutien à nos collègues ne peut être que bénéfique, peu importe la situation.

On peut également être victime d’intimidation sans s’en rendre compte. Tu vas me dire que si on ne s’en aperçoit pas, c’est parce que ce n’est pas si grave. Pas nécessairement, car on peut se sentir mal dans son travail sans faire le lien avec l’intimidation dont on est la cible. On peut aussi être une victime collatérale d’un.e collègue intimidé.e  et en subir les coups contre notre gré. J’ai moi-même été intimidée sans en avoir conscience, avant qu’une collègue sonne l’alarme et m’ouvre les yeux. Je croyais que le problème venait de moi, j’étais en colère et je voulais quitter mon emploi. J’étais prête à me retrouver devant rien pour simplement apaiser la rage que j’avais en moi. J’en ai parlé avec des ami.e.s pour valider ce que ma collègue m’avait dit et tout le monde était d’accord : mon employeur me faisait de l’intimidation pure et dure. Je n’ai pas eu la force de me battre, le jeu n’en valait pas la chandelle pour moi et j’ai préféré quitter mon emploi. Je suis aujourd’hui en paix avec ma décision, mais le processus a pris un certain temps.

Parce que ce n’est pas facile de dénoncer l’intimidation, que ce soit par des collègues envieux ou blasés, ou encore par un supérieur immédiat. Et surtout quand c’est le.la big boss de l’entreprise. Je crois que c’est important d’en parler aux bonnes personnes, à des gens de confiance. Et ne pas avoir peur d’aller chercher de l’aide à l’extérieur, que ce soit par un.e conseiller.ère syndical.e ou encore à la commission des normes du travail (CNESST). Il existe toutes sortes de ressources pour t’aider si tu en as besoin. Une chose est sûre : l’intimidation au travail doit être prise au sérieux et il faut agir dès que possible pour éviter d’envenimer la situation, tout en respectant ton rythme. Mais ne te laisse pas faire. Jamais!

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