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L’humain, un être de relations

Quand science et humanité ne peuvent coexister, en tout cas, pas éternellement…

La solitude est un terme très large, car on peut ressentir de la solitude même entouré. Comme me disait une de mes amies : « on peut être seule à deux ». Il est certain qu’en 2020 au moins nous avons plusieurs autres moyens que des visites en personne pour garder contact avec nos proches et amis qui vont au-delà de la lettre. Donc, d’un côté, nos proches, amis et connaissances, peu importe leur lieu de résidence et le nôtre, peuvent être « en contact » avec nous. Ça a ses avantages, mais…

Est-ce que la technologie remplacera le contact d’humain à humain?

Malgré tous ces moyens, l’humain a besoin, comme tous les autres mammifères, d’un contact de proximité avec les gens qu’il affectionne pour que son cœur comprenne bien qu’il est apprécié, comme l’enfant qui a besoin des caresses de sa mère pour se sentir aimé.

Témoignage

Trop souvent cette année j’ai senti beaucoup de chagrin de ne pas pouvoir serrer une bonne amie ou ma propre mère dans mes bras quand elles venaient me voir. C’était avec beaucoup de retenues qu’on se faisait un sourire et qu’on se parlait sans accolade (et vous allez me dire, chanceuse, tu pouvais au moins leur sourire sans masque). Je dois avouer que je me suis déjà demandé, lors de la première vague, moi qui habite dans un 2 et ½  seule et en télétravail, si un jour j’allais pouvoir rencontrer quelqu’un « physiquement » et l’approcher, le câliner sans peur de me contaminer ou de le contaminer… comme dans le temps (pas 20 ans non plus, ça parait plus long parfois) où je pratiquais le cosplay et qu’on portait des affiches free hugs lors de convention de comics. Bon, je ne pense pas qu’on reviendra à ce genre de gros rassemblements de sitôt incluant des câlins par-dessus le marché, mais c’est beau de rêver.

Et les autres?

Il est vrai que certains ont plusieurs enfants à la maison, mais chacun a sa nouvelle routine virtuelle et ainsi tout le monde finit par empiéter sur l’intimité de l’autre donc, en quelque sorte, plus personne ne peut avoir des rencontres « spontanées ». Tout devient prévisible, calculé dans un agenda et… cadré selon les bons vouloir de sa connexion wifi. C’est ce que je déplore le plus de cette « nouvelle » réalité.

Constat…

Ainsi, notre cœur a une carence relationnelle, car TOUTES nos relations de toutes nos sphères sont centrées sur le virtuel qu’elles soient professionnelles ou personnelles. Comme je m’amusais à le dire cette semaine, j’ai eu une rencontre avec un client de Montréal, puis tout de suite après avec ma collègue de Lévis, puis le lendemain avec des amies, une de Lambton en Estrie, une de Sherbrooke et les deux autres de ma ville de résidence Saint-Georges en Beauce, et ce, dans le confort de mon foyer. N’est-ce pas merveilleux ? Si c’était une option, ce le serait, mais comme c’est, en fait, la seule façon pour quelqu’un en télétravail et seule en appartement en temps de pandémie d’avoir des relations sociales, ça fait un temps. On réalise vite qu’il y a un manque même si rationnellement on ne cesse de se dire que c’est un geste pour aider la collectivité et que ça ne durera pas, mais… il faut y aller au jour le jour, sinon, dès qu’on s’y attarde trop, on se perd dans les méandres du monde des incertitudes.

La deuxième vague et les élus qui travaillent dans le monde « réel »

Et puis pour les « chanceux » qui travaillent encore dans ce que j’ai poétiquement dénommé « le monde physique », l’obstacle de la distanciation physique, du masque, enfermant les gens tous dans leur bulle, n’est pas plus agréable. Pour les quelques fois que j’ai été au centre d’achat où j’ai essayé de pratiquer la distanciation. Je me vois encore interpréter une véritable danse pour suivre le circuit fléché et même, une fois dans les débuts, où accidentellement, en reculant parce que j’avais dépassé une des indications de distance, j’ai foncé dans un étalage de produits. Drôle me direz-vous? Ces mesures ne sont pas faciles à appliquer pour les gens qui, comme moi, avons un handicap visuel, par exemple.

Y a-t-il une solution pour se sentir mieux malgré tout?

Oui, bien sûr.

Pour les gens qui sont en télétravail, seuls.

Prenez le temps de prendre une pause le matin et une pause l’après-midi comme quand vous êtes au bureau en personne et prenez l’air, bougez. S’il ne fait pas beau, prenez seulement le temps de vous lever, d’aller prendre un bon café et de vous reposer un peu pour être frais et dispos pour continuer.

Pour ceux qui sont enfermés avec leur famille où chacun a son « activité professionnelle » en même temps

Pour éviter le mélo, veillez à ce que chaque personne ait un lieu fermé et silencieux pour travailler. Le matin, avant votre journée, donnez-vous un horaire et un lieu où vous pouvez vous voir sur l’heure de la pause ou, au contraire, allez chacun de votre côté prendre un peu l’air ou bouger. Bref, soyez attentifs à vos besoins et véhiculez-les à votre famille. Faites-vous, au besoin, une rencontre en fin de journée autour de la table du souper pour vous dire ce que vous avez aimé ou moins aimé de l’ambiance de la maison et essayez de trouver des solutions pour que le lendemain soit meilleur ou aussi bien, si ça bien été. Ne voyez pas votre réalité comme un enfer, mais plutôt comme un jeu auquel vous êtes plusieurs joueurs. Ce sera très formateur pour vos enfants, d’ailleurs, d’apprendre à penser aux autres. Petite anecdote là-dessus, je donne un cours Zoom à une élève qui le reçoit à côté de son frère sur un autre ordinateur qui reçoit un cours aussi… Ça peut devenir assez cacophonique par moment. Pas idéal pour la concentration et la motivation de tous.

Pour ceux qui travaillent en présentiel

Essayez de vous exprimer même si vous portez un masque. Soyez attentif au ton de la voix des gens, à l’expression des yeux des uns et des autres et, au besoin, parlez de vos besoins ou demandez des précisions sur l’intention « mal comprise » de quelqu’un. En tant que personne malvoyante, je peux témoigner que je ne me suis jamais fiée à la mimique d’une personne pour comprendre ses besoins ou intentions étant donné que je ne vois pas très bien ce genre de détails. Il faut apprendre à verbaliser nos besoins même si, je le sais bien, c’est tabou et souvent peu évident de demander ce genre d’informations, mais une petite mise au clair de temps en temps, surtout avec ces accessoires qui en déstabilisent plusieurs, peut être pertinents et détendre l’atmosphère. Même, mettez de l’humour sur votre lieu de travail. Voyez la distanciation et les masques comme un enfant : comme un jeu, un jeu dont la partie finira bien un jour par finir. Il faut seulement essayer de ne pas trop perdre d’énergie avec ce qu’on ne peut malheureusement pas changer.

Et l’important, n’est-ce pas que nos proches et nous-mêmes restions en santé? Il y a la santé physique mais aussi mentale. C’est pour ça qu’un brin d’humour peut aider à traverser une journée en 2020 comme on le faisait d’ailleurs avant.

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