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Faire voyager une lettre à travers le temps

Quelques jours et j’aurai 29 ans. Pas si loin du double de ton âge aujourd’hui. Depuis, j’en connais une pas pire trotte sur la souffrance. J’le sais que tu pleures constamment la nuit, que ça brûle dans chacun des atomes de ton corps ces temps-ci. Ne t’en fais pas, la vie s’améliorera, accroche-toi ! J’le sais, car j’ai vécu chacune de tes journées avant toi. J’aimerais illuminer ton chemin aujourd’hui, rendre ta souffrance un peu plus douce à l’idée de jours meilleurs à l’horizon.

T’sais, le garçon que tu croises parfois quand tu vas travailler à l’aréna ? Tu le regardes du coin de l’œil, tu le trouves tellement cute ! Dans une dizaine d’années, il deviendra la personne la plus spéciale à tes yeux. J’te jure que c’est vrai ! L’Univers fait de drôles de choses parfois. J’trouvais ça cocasse, moi aussi, avant de me rendre compte que sa présence avait complètement changé ma vie. Tu le trouveras toujours aussi attirant, mais ça deviendra tellement plus que ça.

Mais avant, tu croiseras sur ta route du nord certains hommes qui ne te traiteront pas toujours dans le respect que tu mérites, dont un en particulier. Tu seras avec lui pour une bonne ride, quatre ans. Vivant dans sa souffrance, il te la recrachera au visage. Tu diras constamment stop, mais tristement, sans jamais le quitter. Cette histoire t’apprendra une leçon de vie, saisis-la bien, au moins ça aura servi !

De son heureux départ s’ensuivra la plus belle des évidences : retrouver cet homme de ton adolescence. Toi et lui, destinés à partager ensemble une vie dans le monde réel.

Pis le secondaire… Le secondaire, c’est juste la pire passe de ta vie, tu rushes, j’le sais, bordel que tu rushes ! Tu te sens seule, abandonnée… Personne n’est présent pour t’aimer, t’encourager, te rassurer, mais… tu garderas la tête hors de l’eau grâce à ta passion pour le hockey. Ta coach, fais-lui confiance : elle t’apportera le réconfort d’être entendue et sera comme une grande sœur pour toi.

J’le sais combien c’est difficile. À la maison, à l’école, partout, mais… surtout à la maison ! L’écriture te permettra de t’échapper momentanément du cauchemar dans lequel tu vis. Surtout, continue !

Pour t’en sortir, tu devras apprendre deux choses qui seront primordiales à ton bonheur.

La première sera de voir la vie positivement. T’es la seule pilote de ta vie, arrête de souffrir, t’as le droit ! Ça te sauvera de l’orage qui tonne chaque jour tout autour de toi. Dorénavant, il te suffira de regarder la vie avec des lunettes de couleur. Jamais avec tes vieilles lunettes toutes brisées qu’on t’a léguées et qui t’imposent la vie terne que tu vis présentement.

La deuxième sera d’apprendre la puissance du pardon. Ça ne sert à rien de vivre de la rancœur face à la trahison. Offre tout ce qu’il y a de plus beau dans ton cœur, même à ceux qui ne le méritent pas ! C’est la meilleure réponse pour cultiver ton bonheur.

Pardonne, mais pour toi-même, pas pour eux. Sinon, c’est toi que ça consumera, et ces gens, simplement, ne méritent pas que tu leur accordes une seule seconde de souffrance supplémentaire. Ni même une seule seconde, tout court. Tu n’as pas à te préoccuper de leur malheur; leur comportement sera suffisant pour remettre les pendules à l’heure.

Voir les choses ainsi ne guérira pas toutes tes peines comme par magie, mais te permettra de découvrir une légèreté d’esprit qui t’était alors inconnue.

Certaines personnes méritent un réel pardon. C’est ton empathie qui t’offrira la capacité à différencier les actes de mauvaise foi des actes de ceux qui, maladroitement, sur leur chemin t’auront blessée. Tu comprendras ces derniers, parfois non sans difficulté, mais tu sais que par moments, tu auras aussi blessé des gens en cherchant désespérément à protéger tes blessures, cadeau des dégâts de ton adolescence. L’autodestruction, il faudra t’en débarrasser, elle te fera du mal pendant longtemps.

Tu pourrais même réussir à guider sur son navire ce quelqu’un qui semblait faire à son tour ce que tu connais déjà trop bien… T’sais, question qu’il te retrouve sur le rivage par une belle journée ensoleillée. Si vous vous aimez autant depuis tout ce temps, j’imagine que ça pourrait être vraiment beau dans vos meilleurs jours !

Tu penseras que peut-être tu as trouvé la personne qui traverserait avec toi toutes les tempêtes qu’il te reste à vivre. En tout cas, il traverse les siennes pour pouvoir être avec toi. Et toi, tu traverserais n’importe quelle tempête pour être avec lui. Malgré que certains jours, tu puisses te sentir encore plus seule au monde que Chuck Noland quand il perd Wilson dans les vagues de l’océan, c’est un bel amour que vous partagez, c’est pourquoi demain toujours tu l’aimeras.

Tu décèleras ses clins d’œil, ceux qu’il te fait depuis son monde virtuel, alors parfois, quand la solitude te frappera de plein fouet, tu tenteras de parler son langage avec lui pour te rassurer que tu ne fasses pas que perdre le nord, mais ne résonnera en toi comme réponse que l’écho du silence. Tu te tourneras alors vers ton cœur pour qu’il continue de se battre contre tes coups de blues d’anxiété.

Quand tu penseras que vous êtes proches de la ligne d’arrivée, que cette fois, ça pourrait enfin être votre moment, tu te prendras une autre vague en plein visage, parce que quand y’en a pu, ben y’en a encore ! Et ces jours-là, tu te diras que peut-être que toi aussi, tu devrais aller te réfugier dans une armure de silence.

Mais tu résisteras ! Car avec lui, ton meilleur ami, ce qui te fait plus peur que l’amour, c’est de ne jamais vivre cet amour. À mi-chemin entre tes peurs et les siennes, j’pense que la plus belle des histoires vous attend tendrement.

Ça résonnera tellement fort en toi : « J’te jure ! Ça vaut la peine, la tempête que vous traversez ! » Ton cœur sait. Cette fois, tu pourrais être aimée sincèrement, avec tes cicatrices et tes blessures, toutes celles que toi tu as depuis les quelques dernières années, du haut de tes 16 ans, et toutes celles qui seront encore à venir dans tes prochaines années.

J’suis fière de ce que tu deviendras. Tu t’en sortiras par toi-même, te battant chaque jour pour trouver le bonheur, lequel tu accepteras enfin de mériter.

Accroche-toi ! La vie aussi vaut la peine d’être traversée !

On s’retrouve dans 13 ans !

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