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Cet été

 

 

Source: Unsplash

Juillet déjà est entamé. Les mois ont filé depuis mars 2020. Collectivement, on a vécu du lourd et du très lourd. Une pandémie comme celle-ci est gage de souvenirs : on parlera encore de nous dans les livres d’histoire des générations à venir. On demande « Moderna ou Pfizer? » comme s’il s’agissait de discuter de la pluie et du beau temps, maintenant qu’on peut officiellement s’installer autour d’un latte. On retrouve des masques abandonnés et pliés en deux dans toutes les poches de nos manteaux. (Pas mal moins le fun que de trouver un 20$ dans un vieux manteau d’hiver, mais quand même.) Tranquillement « zoom » redevient le concept de s’approcher de sa cible à travers une lentille de caméra et non le moyen d’avoir accès à un enseignement universitaire ou collégial.

Nos vies personnelles ont également encaissé plusieurs coups : à travers les mises à pied, les bobos de coeurs amochés, les amitiés qui n’ont pas survécu à la distanciation sociale ou encore les troubles anxieux qui ont redoublé d’ardeur dernièrement, je t’invite à respirer un peu. Je crois qu’il serait temps de s’arrêter et de prendre le temps de se donner une petite tape dans le dos : on a traversé beaucoup. Même si notre quotidien pandémique est désormais inscrit dans un semblant de normalité, il n’en demeure pas moins qu’il n’est toujours pas normal de mettre du désinfectant à mains entre chaque rangée dans les commerces et de voir les tables avoisinantes des restaurants au travers d’un Plexiglass. 

Au coeur de la pandémie, j’ai écrit sur l’importance du contact humain. Sur l’importance des câlins. On est peut-être en vie, mais on est sûrement un peu carencés de vivre aussi. J’aime croire qu’on a tous une petite flamme en nous, nourrie par ce qui nous allume. Pour ma part, je me sens le plus vivante dans un aéroport ou en criant des chansons avec mes amis, gin tonique à la main. 

Depuis trop longtemps nous vivons une pesante incertitude, une peur, des autres et de nous-mêmes, d’entendre tousser dans les magasins et des complications de la maladie. Si tu es doublement vacciné.e, je crois qu’il est temps de mordre dans la vie et de reprendre à la Covid ce qu’elle t’a volé. C’est réellement une chance de pouvoir être immunisé.e, c’est l’heure d’en profiter.

C’est la semaine passée, à la sortie d’un cabaret montréalais, alors que nous chantions « Dancing Queen » un peu trop fort sur Sainte-Catherine, que la gratitude m’a envahie. Nous avons traversé un Noël isolé de nos familles, des mois à s’aimer à travers un écran, à imaginer les bras des autres nous serrant, forcés de s’isoler avec nos pensées et le fantôme de ce qu’on était en train de manquer. J’ai eu beaucoup trop d’émotions qui n’ont été alimentées par rien d’autre que le fait que je n’avais rien pour me changer les idées et chasser cette tristesse. Aujourd’hui, il est permis de chanter, d’être dehors tard le soir et d’être bien entouré.es. Le bonheur et la liberté redeviennent un peu plus accessibles. 

Cet été, une fois immunisé.e, fais-toi le plaisir de vivre un peu plus intensément qu’avant. Lève ton verre, découvre le Québec, tombe en amour à nouveau, reste dans ta voiture jusqu’aux petites heures du matin à planifier tes prochaines aventures avec ton meilleur.e ami.e. 

On commence à entrevoir la fin. Au nom de tous les instants qui nous été dérobés, profites-en et prends le temps d’être reconnaissant.e de vivre des moments magiques, des soirées qui s’étirent et tout ce qui se vit en dehors des quatre murs de nos maisons. 

On a passé plus d’un an à scander « ça va bien aller ». Aujourd’hui, c’est exactement ce que je te souhaite. J’espère de tout coeur que tu commences tranquillement à bien aller. On y est presque arrivé. 

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