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Grandir en campagne


Crédit photo : Carolane Proteau-Pelletier

Quand t’es adolescent, tu trouves plate d’habiter en campagne. Ceux qui sont concernés approuveront. T’aimerais dont pouvoir aller au dépanneur à pied, te promener en ville avec tes amis pis pouvoir aller au cinéma sans être obligé de demander un lift à tes parents. C’est après que tu te rends compte à quel point il y avait du positif dans tout ça.

Pour vous situer, je viens de la campagne,  d’un village en Estrie où l’on compte en moyenne 15 habitants par kilomètre carré. Le genre de village où l’on compte une église, une école, un dépanneur/épicerie/boucherie/coin à potins et on vient de faire le tour (en 20 minutes à pied). C’est un village où tout le monde connait tout le monde. On te reconnaît avec ton nom de famille parce que t’es la fille d’une telle et la petite-fille de ceux qui ont la ferme au bout du rang. Je restais sur un rang où il y avait une pancarte sur laquelle il était inscrit « traverse de vache », située juste à côté d’un pont couvert. Juste pour vous donner une idée.

Grandir en campagne, c’est grandir avec le même monde, de la garderie jusqu’au secondaire. C’est connaître non seulement tout le monde de ton année, mais le monde de ton école au complet. C’est avoir des classes jumelées (style 2e et 3e années ensemble) à l’école parce que dans ton année, vous êtes seulement une dizaine d’élèves. C’est devoir marcher une demi-heure sur le bord des champs de blé d’Inde pour aller te baigner chez ta voisine/meilleure amie.

Grandir en campagne, c’est aussi manger des légumes fraîchement cueillis que ta mère fait pousser dans le jardin. Pis elle est dont fière de ses belles grosses courgettes cette année. Sont tout le temps meilleures qu’à l’épicerie! Après ça, on mange des pains à la courgette, des muffins à la courgette pis des courgettes poêlées pendant 3 mois. Sans parler des tomates; salsa, sauce aux tomates, soupe aux tomates, crème de tomates… Elle en passe du temps dans son jardin pis ses plates-bandes, parce que c’est beau pis que c’est son passe-temps préféré; arracher de la mauvaise herbe.

Chez nous, on a eu tous les animaux possibles; des chèvres, des chiens, des chats (en quantité industrielle), des poissons, des hamsters, des cochons, des dindes, des poules et même un poney. Je ne vous cacherai pas qu’il y en a quelques-uns là-dedans qui ont fini dans notre assiette, vous devinerez lesquels. Malgré ça, ça nous apprend à apprécier les animaux, à les respecter pour ce qu’ils nous donnent et à aimer s’en occuper. Ça nous rend responsables!

Vivre en campagne, c’est aussi pouvoir prendre ton café dehors le matin en n’entendant rien d’autre que le chant des oiseaux. On ne parlera pas des fois où t’ouvres la porte et tu te rends compte que ça sent le fumier comme si t’en avais à deux pouces de la face, faque tu revires de bord, parce qu’on veut quand même rester dans le positif. C’est pouvoir passer la soirée sur le bord du feu en cherchant la Grande et la Petite Ourse parmi les milliers d’étoiles dans le ciel. C’est également pouvoir prendre des grandes marches dans les champs l’hiver sans avoir besoin de tenir ton chien en laisse. C’est rire des touristes sur le bord de la route qui prennent des photos de vaches et de chevreuils quand toi, t’en vois tous les jours depuis que tu es né.

En fait, grandir en campagne, c’est avoir la tranquillité. Apprendre à avoir des responsabilités et savoir apprécier ce que l’on a. Grandir en campagne, ça fait du bon monde!

Par Carolane Proteau-Pelletier

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