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On pourrait traverser l’automne – Par Alice Thirion

Automne-couverture

crédits: Burst

Comme chaque année, l’été s’en va tranquillement en laissant sa place à la beauté des feuillages colorés, aux rayons de soleil un peu plus frais, aux balades qui refroidissent le bout du nez et aux cafés lattés! Le bel automne qu’on aime tant, aussi sublime soit-il, nous apporte, dans son bagage aux douces couleurs pourpres et orangées, une mélancolie incontournable.

Une période de l’année où on a juste envie de rester sous la couette dans notre pyjama, de traîner notre corps fatigué et où on voudrait dormir 15 heures d’affiler… où on n’a pas le goût de parler à personne et juste se cacher dans notre tanière.

Allô dépression saisonnière, long time no see !

Que pourrait-on faire de simple pour prendre soin de soi et recharger nos batteries? Qu’est-ce qui nous ferait nous sentir bien, alignés.es, sereins.es, à la bonne place?

On pourrait essayer de ressentir toutes nos émotions pleinement et accepter qu’aller mal, ce soit OK On pourrait pleurer sans retenir nos larmes, que ce soit juste les yeux humides ou les chutes du Niagara. Dire aux personnes autour de nous qu’on les aime quand ça nous vient : à notre collègue qui nous fait un café, à notre amoureux.se qui nous soutient, à nos amis.es qui nous proposent des brunchs, et à nous-mêmes quand on en a besoin. On pourrait se donner le droit d’exprimer notre colère, sans qu’on nous demande si on est en syndrome prémenstruel, se donner le droit de laisser tomber la carapace et être plus sensible, et se permettre d’éjecter dans l’univers tout ce qu’on a en dedans. Exister autant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

On pourrait bouger notre corps en conscience et avec intention, pour le remercier de nous porter tous les jours, même quand notre cœur n’y est pas. On pourrait lui offrir de longues et douces séances de yoga pour le libérer des inquiétudes installées sur nos muscles. On pourrait l’aider à générer les délicieuses endorphines dont il raffole, en le faisant courir, suer, sauter ou l’emmener faire de longues marches dans une forêt apaisante en inspirant profondément l’air frais chargé de l’odeur des bois. Il nous remercierait en faisant disparaître, pour quelques heures, la douzaine de briques posées sur notre poitrine.

On pourrait aussi nourrir notre corps de bonnes choses qui rendent heureux en ne le privant jamais du bonheur d’un bon vin avec un petit plat d’automne ou une fondue au fromage, ou d’un décadent gâteau au chocolat. On pourrait le nourrir avec tous nos sens, en reniflant délicieusement une boite de délicats champignons ou en se régalant avec les yeux de courges parfaitement assorties aux feuilles d’automne. On pourrait écouter notre appétit et nos envies à n’importe quel moment, sans horaire, juste pour le plaisir!

On pourrait aussi nourrir notre corps et notre âme avec du repos. S’autoriser à réduire notre productivité et augmenter nos heures de sommeil, s’endormir en même temps que la tombée de la nuit, s’assoupir sur le canapé en après-midi.

On pourrait se reposer un peu sur d’autres, recharger nos liens, avec ceux que l’on connait, mais aussi ceux que l’on ne connait pas, chez des amis.es ou en écoutant les autres vivre dans un café rempli d’humains.

On pourrait prendre le temps d’observer et décortiquer nos mauvaises habitudes. Cesser de s’en faire pour rien, arrêter de se stresser pour une petite contrariété au travail, laisser notre cellulaire en mode silencieux, bien au fond de notre sac, quand on rentre le soir. On pourrait éviter de lancer Netflix pour faire diversion de nos maux. On pourrait se reprogrammer à apprécier l’ennui, à écouter notre petite voix intérieure sans la masquer, à attraper un livre plutôt que notre tablette.

On pourrait se connecter avec nos vraies envies, nous écouter enfin.

Et au milieu de tout ça, on pourrait attendre la première neige, pour s’émerveiller, et à nouveau un peu déprimer, et puis recommencer.

Qu’est-ce que j’ai réellement envie de faire aujourd’hui, vraiment?

 

Par Alice Thirion

Révisé par Marie Hélène Bou Nader

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