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Les petites boîtes – Par Rebecca Savard


Source : Pixabay

J’ai remarqué un phénomène particulièrement présent dans notre société et qui à la longue, peut devenir étouffant.

Quand on a des comportements, des traits de caractère ou des habitudes de vie uniques vécues d’une façon plus intense, nous avons tendance à les écarter de la normalité. Comme si vivre nos émotions ou nos habitudes de vie d’une façon différente de la norme sociale nous ramenait vers quelque chose d’étrange, donc d’une certaine façon inadéquat. On se met facilement des étiquettes pour justifier cet écart face à la normalité.

Mais au fond, c’est quoi la normalité? Qu’est-ce qui nous pousse à vouloir justifier nos différences derrière les étiquettes que l’on s’impose si durement et si facilement?

Si je me pose personnellement la question, c’est que je crois que cette manie vient de l’idée que mes comportements peuvent déranger cette norme sociale. Il y a aussi l’aspect de la perfection qui entre en jeu. La société de performance dans laquelle on vit a cette fâcheuse manie de nous dicter trop facilement comment l’on devrait agir.

Ce serait tellement plus grandissant pour nous de comprendre qu’il n’y a pas un moule unique pour accéder au bonheur. On serait tellement plus heureux et en paix si l’on acceptait avec bienveillance l’entièreté de notre propre être. On gagnerait tellement à s’encourager dans nos différences et dans notre authenticité au lieu de s’épuiser au travers de la performance, car on perçoit sans cesse le manque en nous.

Étant plus sensible que la moyenne des gens, j’ai une facilité plus grande à exprimer et à vivre mes émotions. Je n’ai pas l’énergie nécessaire pour faire semblant et appliquer des masques. Quand je suis triste, déçue ou en colère, je ne fais que le vivre sans me demander ce que les autres en penseront. Cette intensité émotionnelle vient souvent déranger la norme sociale, car la plupart des gens ne se permettent pas d’exprimer haut et fort leurs émotions. En visualisant l’inconfort que la société me renvoie face à cette intensité émotionnelle, je me retrouve souvent avec un sentiment de culpabilité. Ce sentiment n’est pas très sain, car cette sensibilité fait partie de la personne que je suis. Mais ça explique d’où provient ma manie de me mettre une étiquette. Je sens que je ne suis pas comme les autres et pour justifier mon droit d’être comme je suis, je me mets l’étiquette d’hypersensible ou de fille trop près de ses émotions.

Et si j’étais tout simplement Rebecca avec une riche nuance d’émotions qui me permet d’être empathique envers tous ceux qui m’entourent?

Je n’ai plus envie de fragmenter ma personne dans de petites boîtes.

J’ai envie de respirer au travers l’être complet que je suis, et ce, au risque de déranger ou de déplaire.

Je suis complète même si imparfaite, comme je suis.

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