Leopold Morneau

Quand l’on me demande de me décrire en personne, c’est les yeux vides que je regarde l’autre, dans l’espoir de trouver dans mon imaginaire la première idée qui me viendra en tête pour faire de même. Certaines fois, j’ai passé pour un idiot, pour d’autres j’ai paru particulier d’énumérer un fait sans lien évident. Des fois, j’ai bafouillé en essayant de me faire drôle et d’autres fois, sans même que ce soit dans mes intentions, j’ai fait rire des gens.

Comme les marées, ma pensée se développe à certaines périodes particulières. Ma tête se laisse emporter par les vents des diverses connaissances que je peux absorber. Il m’arrive de frapper mes eaux sur la berge d’une multitude de sujets dans toute leurs diversités. Comme l’eau, je me faufile où est-ce qu’il y a de l’espace et la matière étudiée me laisse des nutriments que je garde en réserve lors de grands voyages créatifs.

Parfois, il m’arrive d’avancer à reculons, tout comme de penser dans des contradictions. Philosophe d’instinct, je n’hésite pas à penser le contraire de ma pensée, puisque c’est une denrée rare que de pouvoir posséder des points de vue différents sur une même chose. La même chose s’applique aux humains que je côtoie : j’aime m’efforcer à comprendre les fondements conscients et subconscients des propos que je peux recevoir. Par la suite, dans mes réflexions nébuleuses, j’en tire une certaine interprétation, qui parfois, selon le courant de la vie, se fait réfuter ou bien approuver. De toute manière, que mes réflexions soient fondées ou non, il est dans mes volontés de guider les gens dans leurs réflexions et leur apporter le morceau manquant du casse-tête.