Marianne Bluteau

Je vois, écoute, sens, écris, joue, fais, mange du théâtre. Mais pour gagner ma vie, je compte sur le servie à la clientèle. Ô job ressource par excellence des « artiss », étudiants ou autres.

Je me lave les cheveux au bicarbonate de soude, j’ai du poil sous les bras, je ne me maquille presque jamais.

Sauf quand il faut que j’aie l’air clean parce que je suis comédienne et que « l’image, c’est important ». Foutu HD 4K.

Je fais du yoga parce que c’est forçant, c’est étirant, c’est puissant, c’est courbaturant.

Pourtant, je me sens souvent patate sur le divan, dans mon lit, dans un hamac, sur des coussins. Je succombe régulièrement à Netflix.

J’ai choisi le vélo comme mode de déplacement tout au long de l’année.

Je dois reconnaître que c’est pas moi qui fais ma mécanique. Merci, R****** !

J’aime le français, sa poésie, sa prosodie. Je me soucie de ses règles, ses exceptions, sa linguistique.

La langue que je parle se retrouve quand même assaillie de plus en plus de mots en anglais, de calques, d’anglicismes. C’est dur d’y échapper, I guess.

Je recycle, je composte, je cherche à réduire mes déchets.

Même si j’ai des rages de consommation qui me prennent de temps à autre.

Je suis touchée par les causes féministes, les inégalités sociales, les oppressions de toutes sortes.

Sans oublier que je suis une blanche Nord-Américaine de la classe moyenne.

Je questionne le couple conventionnel monogame en série.

Malgré le gros conditionnement qui régit encore certains de mes comportements.

Je vis avec une demi-douzaine de personnes avec qui je partage la bouffe (souvent du tofu).

C’est pas une commune, quoique ça en ait un peu l’air.

J’utilise parfois des grands mots, des termes importants, comme obsolescence programmée, intersectionnalité, hétéronormatisation, anarcho-socialisme.

Néanmoins, je me sens dépassée par tous ces grands concepts.

Je crois que l’amour peut sauver le monde. Ou le care, en tout cas. Certains diraient que je suis quand même hippie.

Je vous sors toutes sortes de clichés sur moi pour que vous le croyiez aussi. Mais pas trop.

Vous vous ferez votre propre idée.

Les publications de : Marianne Bluteau